Maison Gutowski, M-G 2016, Grand Vin, Côtes de Provence

Des émotions. Oui certains vins suscitent des émotions. Et on ne s’en plaindra pas. Et même s’il s’agit d’un rosé !
Je l’avoue, la dernière fois que cela est arrivé avec un rosé, il s’agissait de celui de Patricia Ortelli en Côteaux Varois. Une extra-terrestre et un vin que l’on n’oublie plus jamais…

Mais ici n’est pas le sujet. Ici il est question d’un autre vin rosé, moi qui ne supporte pas ce type de produits, je vais commencer à me poser des questions sur mes capacités…, il s’agit du M-G 2016, Grande Cuvée, en Côtes de Provence de la Maison Gutowski. Ne nous demandez pas de présenter ce domaine, notre seul lien y est Johanna Dayer. Johanna, les Suisses la connaissent. Elle est la cheffe de projet, quelle horreur, en fait l’artisane aux côtés de Damien Caruzzo, l’œnologue, de deux vins helvètes, à défaut d’être sveltes, deux vins de prestige, le vrai, qui osent se positionner sur le marché hautement compétitif des vins de luxe, Electus et Eclat, tous deux sous l’égide de Raphaël Garcia, directeur général de Valais Mundi. Nous avons déjà présenté ces deux vins et souhaitons saisir l’occasion de parler du G-M.

Le pittorseque village de Fayence, non loin du Massif des Maures (c) Magali Lesueur

Gutowski…. Le premier qui me dit tout connaitre de ce domaine sera bien malin, le site web est désespérément triste, il ne fera fantasmer que les publicistes et autres amateurs de vide intellectuel. Du marketing, en veux-tu, en voilà, qui finalement mène au résultat farouchement opposé à ce qu’il en était attendu. Et les tutélaires de la LPV s’y sont engouffrés, comme de vrais amateurs…. Non pas de vin, amateurs…. Je dois vous le dire en allemand pour que cela se comprenne mieux ? Si, ô que si, les amateurs de photos trouveront leur bonheur à consulter ce site…. Dis-moi Johanna, tu pourrais dire aux Gutowski que ce site ne donne pas envie d’acheter ce vin ?

Car ce rosé mérite clairement d’être mis en cave. Le jeune couple Gutowski a tout d’abord sélectionné les raisins de différentes parcelles, de différentes provenance, tous issues de la splendide mosaïque de terroirs des Côtes de Provence, tous influencés par le Massif des Maures, ce qui explique la minéralité toute subtile du résultat final. Les raisins, quant à eux, ne proviennent pas d’un seul cépage, cela ne serait certes pas ennuyeux, mais la multiplicité maitrisée accroit la complexité. Il s’agit donc d’un assemblage de Grenache, Syrah, Cinsault et Rolle, tous récoltés la nuit, afin de conserver le maximum de fraicheur, et vinifiés séparément en cuve et de la même façon qu’un blanc. Les raisins sont directement pressés, sans la moindre macération, ce qui explique ce nez subtil, d’une rare élégance. Johanna Dayer joue le rôle d’œnologue et s’est visiblement fait plaisir…

Le premier nez interpelle, pose des questions, on le cherche, on joue à cache-cache. C’est une caresse, un tour de force de séduction pour hédonistes devant l’éternel. On est très loin de ces rosés caricaturaux qui en pètent. Ici tout est délicatesse, introspection, finesse. Les aromes se complètent les uns les autres et donnent une impression de travail méticuleux, on n’a pas violenté les raisins. Au contraire tout se développe au nez comme s’ils avaient pu eux-mêmes indiquer la direction, avancer à pas de velours. Le nez, tout en volupté, offre une composition équilibrée de fleurs, de bourgeons de fleurs blanches surtout, subtilement entrecroisés de petites baies rouges dans leurs différentes variantes. Le tout dégage une belle complexité qui se confirme sur les cinq jours durant lesquels le vin a été dégusté. C’est frais, c’est judicieusement construit, c’est un rosé qui se passe de plat, on peut le boire seul, il n’en rougira pas. La bouche propose fraicheur, délicatesse, c’est de nouveau très soigné et en parfaite harmonie avec le nez. Le fruit est présent, les framboises donnent envie de déguster un second verre, l’acidité épouse l’ensemble, lui donne de la vivacité, sans ne jamais ajouter une note de trop. Ca évoque L’Aquarium de Camille Saint-Saens, il y a de la race dans ce vin. Clairement une réussite. A un prix en outre fort sympathique. 18/20 (93/100).

Ce vin coûte CHF 108.- pour une livraison en Suisse. En France et dans le reste de l’Europe il coûte € 16.35

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