Ein Interview mit Tony Ballu, Regisseur des Clos Fourtet

Im Rahmen der Präsentation der Bordeaux-Weine des Jahrgangs 2012, welche das renommierte Handelshaus Gazzar, des vins d’origine, am 25. April 2013 in Lausanne organisierte, haben uns gewisse Weine derart verzaubert, dass wir uns spontan dafür entschieden haben, “Flash Interviews” mit den jeweiligen Wizern zu führen.
Bereits haben wir diejenigen mit u.a. Jean-Michel Laporte, vom Chateau La Conseillante, veröffentlicht. Im vorliegenden News-Beitrag führen wir das Interview mit Tony Ballu, Regisseur des Clos Fourtet. Wir empfehlen unseren Bericht über die Bordeaux 2012 Primeurs zu lesen.

Vinifera-Mundi : Nous dégustons aujourd’hui votre vin du millésime 2012 dans le cadre de la présentation organisée par Gazzar. Je suis tout de même assez impressionné, une fois de plus, par le niveau de ce Clos Fourtet 2012. Surtout si nous tenons compte des récentes critiques portées au millésime. Comment expliquez-vous cet écart ?

Tony Ballu : Je ne sais pas si Clos Fourtet a été décrié. Le millésime, quant à lui, a, c’est vrai, été enterré précocement alors que nous nous apercevons, du moins pour ceux qui ont bien travaillé la vigne, que nous sommes sur de beaux fruits, des fruits qui pour moi sont l’expression du terroir. On retrouve à Clos Fourtet un vin qui évoque le 2001. Si durant son développement il reste comme le 2001, alors j’en serais très très fier. Pour moi 2001 incarne l’expression et la finesse du terroir argilo-calcaire de Clos Fourtet. Dans le 2012 nous retrouvons la minéralité et des aromes de fruits bien mûrs. Enfin nous sommes sur un nez plus réglissé que d’habitude. La nature nous a offert ce réglisse

Vinifera-Mundi : Vous évoquez justement 2001. Ce millésime a été mal compris au début. De nombreux consommateurs ne le découvrent que maintenant et l’apprécient. Ce risque de marché à retardement n’existe-t-il pas pour 2012 ?

Tony Ballu : Sur la base des prix qui sortent actuellement, les châteaux reviennent à un brin de raison. J’espère que nous allons revenir à des tarifs normaux. J’espère cependant que les gens ne vont pas être déroutés par des tarifs en baisse alors que la qualité est, pour les bons domaines, supérieure à celle de 2011. Certains prix risquent même d’être sérieusement inférieurs aux excès du récent passé. Donc le risque de décalage existe effectivement. Il ne s’agit vraiment que d’un réajustement face aux débordements de ce passé. Par contre j’aime beaucoup ce public qui vient apprécier les vins simplement, il vient pour se faire plaisir, ne crache pas beaucoup et les remarques dont on me fait part me font extrêmement plaisir.

Vinifera-Mundi : Clos Fourtet a souvent souffert de sa complexité, voire même son aspect compliqué, dans ses jeunes années. De nombreux consommateurs ne perçoivent pas ce vin à sa juste valeur qu’il n’offre qu’après de longues années. Avec ce millésime 2012 il propose un plaisir immédiat, même s’il vieillira à merveille. Quelle est votre approche ?

Tony Ballu : J’ai la conviction que nous faisons aujourd’hui partie des grands sur Saint-Emilion. Globalement l’image monte et la notoriété ne fait que suivre depuis maintenant une quinzaine d’années. Notre rentabilité s’est aussi améliorée depuis huit/dix ans. Malheureusement le Clos Fourtet pêche encore par cette routine qui veut que les gens pensent qu’il est encore comme avant. Pourtant nous avons changé notre façon de travailler et notre vignoble a aussi vieilli. Aujourd’hui nous récoltons donc le fruit du travail des Lurton, à savoir des plantations qui ont bien vieilli et qui apporte la complexité dans la bouteille. J’espère, vous avez raison, que les amateurs vont évoluer dans cette direction et remarquer cette complexité. Certains ne l’ont à priori pas encore fait. Certes il y a aussi ceux qui ont du mal avec le merlot, nos assemblages en comportent beaucoup. Pourtant en travaillant bien et avec de petits rendements, on obtient des résultats magnifiques qui peuvent durer dans le temps.

Vinifera-Mundi : Revenons, si vous le permettez, au millésime 2003. Dans le cadre d’une récente dégustation horizontale du millésime, tous les participants, pourtant des amateurs avertis ont loué la qualité du Clos Fourtet. Nous sommes aujourd’hui avec ce millésime assez loin des jugements initiaux des primeurs. Comment l’expliquez-vous ?

Tony Ballu : Les qualités d’un Clos Fourtet en primeurs sont peut-être difficiles à apprécier. Pourtant deux, trois, quatre ans plus tard, en consultant ses notes, on constate que le vin vieillit, c’est toujours à son bénéfice.

Vinifera-Mundi : Faut-il avoir peur, malgré l’évolution récente du Wine Advocate, des notes de Parker qui sortiront dimanche soir [NB : le 28 avril 2013] ?

Tony Ballu : Il n’y aura sans doute rien à redouter de Parker. Il faut néanmoins reconnaitre qu’il s’agit du monsieur qui détermine l’orientation du marché. Il peut favoriser la vente d’un millésime ou créer des difficultés. Il ne faut pas le nier. On n’est cependant pas obligé de faire déguster Parker, il y en a d’autres, de bons journalistes, de bons dégustateurs qui expriment leurs sentiments sur un millésime et dont les opinions ne nous importent pas moins.

Vinifera-Mundi : Merci beaucoup, M. Ballu pour cet entretien.

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